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 Time Laps [event de nowel]

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Keiji Akanagi


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MessageSujet: Time Laps [event de nowel]  Ven 2 Jan - 1:47

Time Laps

Ft.Keiji Akanagi
Le bruit de l’eau, un son léger, délicat et presque paisible dans cette nature intact, cet endroit que personne n’avait réellement atteint, comme un lieu, un cocon préservé du reste du monde. Incapable de vivre et incapable de mourir, une vie dans une vie qui semblait aller trop vite. C’était un puissant sentiment d’humilité qui égorgea le souffle du démon allongé, les flammes de ses yeux jouant dans les reflets blancs et spectrales de l’endroit où il se trouvait. Un autre monde, une session de sa vie hors du temps.

On dit souvent, que l’âge apporte la sagesse, par l’expérience. Si cela aurait pu être vrai, Keiji aurait été bien plus sage, bien plus posé et réfléchit. Mais il n’avait abordé aucune sagesse, rien qui aurait pu apaiser, en lui, le grondement résonnant de la créature qui gémissait d’envie, d’envie de sang. Non…Il n’avait pas gagné d’expérience, pas plus qu’il n’avait jamais gagné de calme et de douceur. Mais à cet instant, seul au monde dans ce lieu semblant fait pour y trouver un repos éternel, Keiji se sentait étrange, étrangement calme. Comme si, une traîtresse atmosphère emprisonnait son souffle de vie brûlant, le réduisant en silence d’une simple caresse de glace. Il n’y avait ici aucun être vivant, aucune créature fantasmagorique autre que celle de son propre esprit, hantant des pensées impures, il n’y avait que le silence, et ce bruit, ce petit bruit de vie, d’eau, qui se répercutait à l’infinie sur chaque parcelle de glace, semblable à mille miroir renvoyant au démon l’image de sa propre humilité. Keiji se sentait petit… Petit face à une nature qui pourrait le transpercer de million d’éclat en l’espace de quelques secondes. Si le sort en avait ainsi décidé, si son corps devait prendre ici son dernier souffle, sa dernière extase dans un endroit que nulle personne ne saurait jamais rencontrer. Alors ce serait ici. Ici que le démon souhaiterait mettre un terme au tumulte grondant de sa solitude, aux hurlements incessant de la bête.  

Doucement, ses yeux se fermèrent. C’était une douce léthargie, à peine plus envahissante que la caresse d’une vague sur nos pieds lors d’une balade sur la plage. A peine plus qu’une salutation timide souhaitant venir nous trouver et nous souhaiter la bienvenue. Son souffle formait une buée disparate, à peine visible dans l’immensité blanche qui l’entourait. C’était…c’était indescriptible avec des mots que sa pensée cherchait pourtant à exprimer. C’était quelque chose de vivant, quelque chose qui se vivait. Ce n’était pas…Ce n’était pas un monde que l’on aurait pu décrire aussi simplement qu’avec des mots, les mots eux-mêmes semblaient insuffisant, insignifiant. Son regard s’ouvrit à nouveau, il  y avait une source d’eau proche…il aurait dû se lever, essayer de l’atteindre, de la trouver. De boire, de se remettre de sa fatigue de ses blessures. Mais…mais il n’avait plus aucune force, comme si, son inébranlable volonté, cette rage de vivre, de vaincre qui l’avait maintenu en vie durant tant d’année, n’était rien. Rien devant l’immensité du monde qu’il ne connaissait pas. Et ça ne lui ressemblait pas, il s’agaçait d’être ainsi à l’abandon mais n’avait aucune force, chacun de ses muscles semblait plongés dans un profond sommeil. Il savait pourquoi, il faisait certainement ici bien plus froid que nulle part ailleurs dans les étendues glacées et infranchissable des terres enneigées. Et ce froid l’endormait, le tuait certainement lentement…à petit feu. Voilà pourquoi…voilà pourquoi il se sentait si humble, si petit. Il n’y avait aucune magie ici, aucune sorte de combat sinon celui de la plus primaire survie. Il n’y avait aucune lutte que l’on puisse gagner par la force, par l’expérience, par la lutte d’un corps contre quelque chose…Quelque chose qui dépassait tout ce qu’on aurait pu vaincre. C’était la nature. La seule maîtresse de l’univers, la seule puissance qui puisse, d’un claque de sa paume maternel, faire voler en éclat des millions de vie, l’humanité, les démons tout entiers.

Keiji serra les mâchoires…Ce n’était pas lui !  Ce n’était tellement pas lui ! Emprisonné ici, apaisé, étranglé dans sa rage. Il n’était pas le démon qu’il avait connu ces 50 dernières années. Cet endroit semblait…hypnotique, peut-être y avait-il vraiment une quelconque magie dans cet endroit ? Peut-être était-il finalement tombé dans un piège mortel qui camouflait dans son sein l’infâme faucheuse, la faux haute et prête à trancher la vie qu’il avait si durement conservée. Mais il ne serait pas démon à perdre la vie ici… il ne perdrait rien. Il ne perdrait plus. Une sensation douloureuse dans sa poitrine le fit revenir au temps présent, à l’instant figée qui s’agitait autour de lui dans une immobilité parfaite. Des vagues de souvenir, comme un retour de flamme dans un incendie mal maîtrisé. C’était comme si chaque part de son être désirait lui faire remonter quelque chose, une chose importante. Ses doigts oublièrent la froideur du sol, et rencontrèrent la chaleur d’un autre être, invisible à ses yeux, invisible et certainement uniquement existant dans son esprit au bord de la mort. Ses yeux, papillonnant et faible, s’ouvrirent sur le regard doux et aimant d’une femme. C’était presque…presque comme s’ils étaient aimé, sincèrement aimés. Comme si… La douleur revint, effaçant cette amère vision, cette éphémère existence qu’il n’avait frôlé des doigts que quelques secondes. Son cœur battait lourdement, il le sentait faire pulser si faiblement la chaleur de son sang, tentant désespérément d’atteindre cet endroit qui lui servait à vivre dans une course effréné et datant de l’aube de la vie.

Un nouveau souffle, et il replongea dans cette endroit si étrange, dans une vie qui l’avait l’impression de connaître, dans les regards flous et plein d’amour qui se posait sur lui, dans les tendre parole qu’il n’entendait pas. Mais elles vibraient en lui, ces douces paroles, elles vibraient et le réchauffait comme aucune n’avait jamais eu l’occasion de le faire. Il y avait de l’amour dans ces mots, quelque chose de profond, d’indéfectible. C’était comme une évidence pour le démon qui pourtant, n’en entendait pas les sons. C’était…infini et précieux. Ses yeux se posèrent sur sa gauche, au loin, à travers l’un de ses miroirs de glace se trouvait les lumières brillantes, clignotante d’une vie qui jaillissait, qui se réunissait et fêtait…quelque chose ? Keiji n’avait aucune idée de ce que ce fut. Une fête ? Durant l’hiver ? Il ne se souvenait pas avoir jamais connu une telle chose, et pourtant, partout où il posait ses yeux s’allumaient des feux de toutes couleurs, rouge, bleu, vert, jaune. Brillant, clignotant comme des tâches éparses sur une peinture délabrée. C’était invisible, et pourtant bien présent. L’esprit de Keiji s’éloignait, il ne savait plus s’il avait d’ores et déjà quitté la caverne, ou bien y était-il encore ? Allongé là ? Seul dans la buée de sa respiration déclinante, seul dans le froid et l’amertume de se sentir impuissant…Si impuissant… Et à travers tout cela, à nouveau il vit cet endroit, mais l’endroit était froid…d’un froid presque plus intense que cette caverne…Quelle caverne ? Il ne se souvenait plus. Quand est ce qu’il avait quitté cet endroit ? La chaleur y était si souvent présente…il y avait tellement d’amour. Il y avait…Quelque part où rentrer. Une sécurité qu’il avait oubliée, loup sauvage qu’il était devenu, traqué, effrayé de sa faiblesse et fier de sa forte solitude. Quand est-ce qu’il avait quitté la caverne ? Dans ces plaines de glace et de neige… Quelle neige... ? Oh oui…la neige. Elle tombait…Derrière les grandes vitres de glace, derrière l’immense mur qui lui semblait si fort…si protecteur. Et pourtant. Dans ses mains, se trouvait …se trouvait ce rouge.

Un rouge qu’il connaissait, oh bien sûr il l’avait tellement vu. Mais…mais pourquoi ici ? Etait-il dans la caverne ? Mais …Quelle caverne ? Son esprit était confus, et ses mains, juvénile, enfantine et à peine assez grande pour son arme…Son arme ? Pourquoi ? C’était… C’était si confus. Et puis il y eut soudain un silence, un silence profond seulement entrecoupé par son souffle tremblant, effrayé. Il n’y eut rien…pendant longtemps il n’y eut rien. Puis soudain, des mots, des paroles qui cette fois l’atteignirent mieux que n’importe quelle décharge, mieux que n’importe quel cri. ‘’Tu dois vivre… ‘’

Un sursaut traversa son corps entier et il ouvrit les yeux, focalisé sur l’énorme masse qui l’observait, son œil d’une opale bleu brillante d’inquiétude, de force…Cette force qui avait failli lui échapper, qu’il avait failli laisser tomber. Mais de nouveau, le feu brûlant de ses yeux consuma tout, il n’y avait aucune raison de mourir ici. Ce n’était pas encore son heure, ni aujourd’hui, ni jamais. Il n’allait pas abandonné même si son corps tombait en morceau, s’épuisait et se détruisait. Ses mains rougies de froid, paralysées et faible se relevèrent lentement, avec la force de sa seule volonté. Il accrocha les écailles brillantes, d’un bleu chatoyant et aussitôt Fodwiin s’éloigna, échappant à la pression étrange, tremblante de cette cave. A cet endroit qu’il avait découvert quelques heures plus tôt. Sans prendre la moindre précaution, comme toujours, il était entré et… Et le reste de ses souvenirs devenait flou à nouveau. Qu’avait-il vécu là-bas ? Que c’était-il passé ? Keiji n’en gardait qu’une vague impression, un sentiment d’insécurité et de chaleur, paradoxe total entre sa propre pensée et le ressentit étrange de son corps. Mais rien n’avait accroché les méandres mourant de son esprit. Pourtant… En tournant la tête derrière lui, posant ses yeux une dernière fois sur l’insondable caverne, il y vit à nouveau les couleurs, dans un reflet innombrable d’un des miroirs de glace, il vit ces couleurs, cette vie qui s’agitait et dans un flash cela lui revint… Cette fête, en hiver. Pensif, il fit à nouveau dos à ce monde perdu dans un endroit au cœur de  nulle part, et se contenta de souffler à l’attention de l’imposante Wyvern.

-…Joyeux Noël, Fodwiin.

Et l’animal majestueux de répondre, dans un long grondement amical.
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